« O mon dieu accroît mes connaissances ! »114 Tâ-Hâ

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سألت قلبـي كيـف أمسـيت بعــد الفـراق؟ .. فـأجابنـي .. وهـل للـرماد إحـساس بعـد الإحتـراق ؟؟

jeudi 28 novembre 2013

La Mère est un roman de Maxime Gorki



La Mère est un roman de Maxime Gorki, publié en 1907.
Socialement engagé, ce roman a été adapté au cinéma en 1926 par le réalisateur soviétique Vsevolod Poudovkine.



Le roman décrit l'évolution intellectuelle d'une mère de famille ouvrière, dans un faubourg industriel de la Russie pré-révolutionnaire, dont le fils Pavel (ou Paul) est militant socialiste.


 Au départ effrayée par les dangereuses idées de son fils, qu'elle ne comprend pas, elle tombe ensuite sous le charme des camarades de Pavel, emplis de fougue, d'idéal et d'amour pour l'humanité. Petit à petit s'éveille en elle la conscience de l'injustice vécue par les travailleurs dans la société tsariste. Lorsque Pavel est arrêté une première fois, la mère prend sur elle de continuer la diffusion clandestine de tracts au personnel de l'usine où travaille Pavel, afin de sauver son fils de prison.



Plus tard, lorsque Pavel sera arrêté pour avoir organisé une manifestation du 1er Mai dans son faubourg, drapeau rouge en tête, la mère se verra contrainte de quitter son domicile pour la ville, et de partager pour de bon le quotidien des révolutionnaires socialistes. Elle (ré)apprendra à lire, participera à la distribution du journal, à des bagarres avec la police, et voyagera pour faire passer de la littérature interdite à la campagne, chez les paysans, auprès de qui elle sera bien accueillie pour la simplicité de ses manières qui tranche avec celle d'autres révolutionnaires issus de familles bourgeoises. La mère deviendra donc progressivement une véritable militante socialiste. Le récit prend fin brutalement, avec son arrestation, ce qui la consacre ainsi en tant que révolutionnaire accomplie.



Ce livre est intéressant pour différentes raisons.
D'abord sur le plan historique, il décrit la vie quotidienne, l'organisation, les divers débats qui pouvaient avoir lieu au sein d'une section du Parti ouvrier socialiste-démocrate de Russie, la nature des relations entre camarades, etc. Les personnages sont relativement idéalisés, même s'il n'y a pas deux militants qui soient identiques en termes de personnalité et de “background”. Certains archétypes sont également présentés, comme par exemple celui du camarade impatient, qui souhaite “plus d'action et moins de blabla”, ou celui de la camarade issue d'une famille bourgeoise et honteuse de son passé et qui cherche à adopter un comportement plus “prolétaire”.



Deuxièmement, le livre décrit l'évolution psychologique, philosophique et politique de la mère, au contact de son révolutionnaire de fils et de ses camarades. Alors qu'elle est au départ femme sans éducation, sans personnalité, qui vit dans la crainte d'être battue par son mari et qui prie ses icônes matin et soir, elle prend de plus en plus d'assurance et de confiance en elle-même et en l'humanité, et découvre en elle-même des ressources insoupçonnées – bref, s'humanise –, au fur et à mesure des discussions et de la pratique révolutionnaire, jusqu'à s'identifier pleinement avec l'organisation et ses autres camarades. L'auteur voulait sans doute montrer ainsi comment chaque personne peut, à travers la pratique et l'agitation révolutionnaire, acquérir une conscience socialiste, comment chaque individu, aussi médiocre semble-t-il au départ, recèle en soi un héros. C'est une vision donc extrêmement humaniste et positive de l'être humain que nous offre ici Gorki, avec comme ligne directrice le passage de l'état de prolétaire impuissant, prostré et soumis à un être d'un genre nouveau, supérieur : le socialiste révolutionnaire.



Enfin, un tour de force majeur de ce livre est qu'il ne s'y trouve absolument aucun débat politique ! Le terme “socialiste” en soi n'est mentionné que quelques rares fois, laissant même planer un doute quant à l'affiliation politique des héros : il semble évident, vu les réticences initiales de plusieurs personnages à aller agiter les paysans, qu'ils fassent partie du POSDR, mais il n'est pas clair à laquelle de ses factions ils appartiennent.


 Il se pourrait même qu'ils soient narodniks ou socialistes-révolutionnaires (membres du SR). Le livre est pourtant bourré de débats. Mais ces débats ne portent pas sur le moindre détail politique. Ce qui est en fait constamment débattu tout au long du livre, est le rôle du révolutionnaire, les raisons de la révolte, l'idéal du révolutionnaire, son comportement face aux forces de l'ordre, face au fatalisme des travailleurs non-révolutionnaires, face aux jaunes et aux mouchards, face aux paysans illettrés ; il y est question de la manière dont le révolutionnaire doit se tenir, de sa manière de vivre s'il veut vivre conformément à ses idéaux. On y parle de sacrifice, de lutte contre l'injustice, contre les inégalités, et de la foi en un monde nouveau et en l'humanité. Tous ces débats, toutes ces questions, touchent en fait à des éléments politiques, mais ne font jamais que les effleurer.



En cela, Gorki avec ce livre réalise un formidable plaidoyer en faveur du socialisme révolutionnaire, capable de toucher les gens, de les convaincre de la justesse du programme socialiste, non pas par la raison et la logique de la théorie marxiste, mais par la force des sentiments et des valeurs. Un livre magistral, somme toute destiné à toutes les autres mères qui s'inquiètent pour les étranges et dangereuses activités de leurs enfants devenus révolutionnaires.


Le texte du livre en ligne et accès libre : http://fr.wikisource.org/wiki/La_M%C3%A8re_%28Gorki%29

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